Quel est le montant versé par une assurance vie en cas de décès ?

Mise à jour le 24 février 2026

Publié le 24 février 2026
Auteur : Équipe éditoriale Altaprofits
Quel est le montant versé par une assurance vie en cas de décès ? Quel est le montant versé par une assurance vie en cas de décès ?

L’assurance vie s’impose comme un moyen privilégié de transmettre un capital dans les meilleures conditions. Le capital décès reçu par les bénéficiaires dépend à la fois des versements effectués, des performances du contrat et de la fiscalité applicable. Quel montant sera alors réellement versé ? Comment est-il calculé ? Quelles démarches suivre après le décès pour le toucher ? Altaprofits vous apporte toutes les explications pour connaître le montant d’une assurance vie en cas de décès et comprendre les mécanismes de sa transmission.

 

Comment fonctionne une assurance vie en cas de décès ?

Au décès du souscripteur, le capital acquis sur une assurance vie est transmis aux personnes qu’il a librement choisies. Le montant versé dépend alors de la valeur du contrat au moment du décès et des conditions prévues dans la clause bénéficiaire.

 

Une transmission sans plafond de capital

Contrairement à d’autres placements, le montant des sommes qui peuvent être versées sur une assurance vie n’est pas plafonné. En conséquence, il n’existe pas non plus de plafond sur le montant transmis. Le capital décès correspond en effet à la somme des versements réalisés, augmentés des éventuels gains générés par les supports d’investissement. Il peut aussi être inférieur au montant des sommes versées lorsque des retraits ont été effectués ou en cas de potentielles pertes sur les unités de compte.

Le capital existant est versé en totalité aux bénéficiaires désignés, selon les modalités prévues au contrat. Cette absence de limite en fait un outil particulièrement attractif pour préparer une transmission patrimoniale sur mesure.

 

La valeur du contrat au jour du décès

Le capital transmis aux bénéficiaires correspond à la valeur atteinte par le contrat au décès du titulaire. Celle-ci dépend directement des supports d’investissement choisis et de leur évolution dans le temps.

Deux principes coexistent alors :

  • Sur un fonds en euros : la valeur du contrat correspond au capital versé, augmenté des intérêts acquis chaque année et diminué des éventuels frais de gestion. Pour déterminer le montant exact à la date d’arrêté des comptes, l’assureur additionne :
    • Le capital déjà constitué à la fin de l’année précédente ;
    • Les intérêts éventuellement acquis au titre de l’année en cours, selon les modalités prévues au contrat.
  • Sur les supports en unités de compte (UC) : le capital dépend du nombre d’unités de compte inscrit au contrat et de leur valeur liquidative à la date retenue par l’assureur pour le calcul du capital décès. Si les actifs ont bien performé, la somme transmise est supérieure au capital versé. En revanche, elle peut être inférieure en cas de baisse des marchés.


Dans un contrat multisupport, le montant du capital décès transmis aux bénéficiaires correspond ainsi à l’addition de la valeur du fonds en euros et de celle des unités de compte.

Bon à savoir

La date de valorisation est déterminée par les conditions contractuelles. Selon les compagnies, l’arrêté des comptes peut être fixé à la date de réception de l’acte de décès, à la date de liquidation du contrat après réception de l’ensemble des pièces justificatives, ou à une date précisément prévue au contrat.

 

Qui touche le capital d’une assurance vie après le décès du souscripteur ?

Le décès du souscripteur provoque le dénouement de l’assurance vie et la transmission du capital aux personnes désignées dans le contrat. L’identité des bénéficiaires et la proportion de l’épargne qui leur revient dépendent directement de la rédaction de la clause bénéficiaire.

 

Le rôle central de la clause bénéficiaire

La clause bénéficiaire est l’élément clé du contrat d’assurance vie en tant qu’instrument de transmission. Elle permet au souscripteur de désigner librement la ou les personnes qui recevront le capital au moment de son décès. Il n’est soumis à aucune contrainte légale dans la manière de désigner les bénéficiaires de son choix. L’essentiel reste que leur identification puisse se faire facilement et sans ambigüité. La désignation peut ainsi être nominative (« mon conjoint, [nom, prénom] ») ou qualitative (« mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés »).

Le souscripteur garde la faculté de modifier la clause à tout moment dès lors que les bénéficiaires n’ont pas accepté le contrat. L’assureur se base ensuite sur les termes de cette clause pour identifier les bénéficiaires et procéder au versement du capital décès conformément à la volonté affirmée du défunt.

 

La répartition entre plusieurs bénéficiaires

Lorsque plusieurs bénéficiaires sont désignés, le souscripteur peut prévoir différents modes de partage du capital entre eux.

Cette répartition peut être :

  • égalitaire, si la mention « à parts égales » est indiquée ou en l’absence de toute précision ;
  • proportionnelle, en pourcentage exprimé (par exemple 60 % pour le conjoint et 40 % partagés entre les enfants).


En cas de décès prématuré de l’un des bénéficiaires avant le souscripteur, si aucune mention de représentation n’est spécifiée, sa part est répartie entre les bénéficiaires restants.

 

Y a-t-il des frais de succession sur le montant du capital décès d’une assurance vie ?

L’un des grands atouts de l’assurance vie réside dans son traitement fiscal spécifique. Par principe, le capital décès ne fait pas partie de la succession du souscripteur. La fiscalité applicable dépend de l’âge auquel les versements ont été effectués et du montant transmis à chaque bénéficiaire.

 

Un régime fiscal spécifique hors succession

Le capital décès d’une assurance vie est transmis hors succession, ce qui signifie qu’il n’est pas soumis aux droits de succession classiques. Les bénéficiaires profitent ainsi de règles fiscales très avantageuses qui dérogent au régime de droit commun.

Pour chacun des bénéficiaires, un abattement s’applique avant le calcul des éventuels prélèvements d’impôt. Ce régime spécifique permet de transmettre un capital important dans des conditions fiscalement optimisées. Les seuils d’exonération diffèrent cependant selon l’âge du souscripteur au moment de ses versements sur son contrat, autour de la date charnière de son 70e anniversaire.

 

La fiscalité des contrats alimentés avant 70 ans

Pour le capital issu des primes versées avant 70 ans, le régime est particulièrement favorable :

  • Chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € sur le montant total perçu, constitué des versements initiaux augmentés des intérêts générés, tous contrats confondus ;
  • Au-delà de ce plafond, les sommes transmises sont soumises à un prélèvement forfaitaire au taux de :
    • 20 % pour la fraction excédentaire à hauteur de 700 000 € ;
    • 31,25 % au-delà de ce seuil, soit pour la fraction des capitaux transmis supérieure à 852 500 €.


Ces dispositions s’appliquent quel que soit le lien de parenté entre le souscripteur défunt et le bénéficiaire du contrat.

 

La fiscalité des contrats alimentés après 70 ans

Les versements effectués après 70 ans relèvent d’un tout autre régime fiscal :

  • Seule la part du capital décès correspondant aux primes versées est imposée. Les gains capitalisés (intérêts et plus-values) produits par ces primes sont totalement exonérés.
  • Un abattement global de 30 500 € s’applique sur la partie imposable. Il s’entend tous bénéficiaires et contrats confondus.
  • Les primes excédant ce montant sont soumises aux droits de succession classiques, en fonction du lien de parenté entre le souscripteur et chacun des bénéficiaires.


Certes moins avantageux, ce dispositif conserve cependant un réel intérêt pour diversifier la transmission et profiter de la souplesse du contrat.

Le saviez-vous ?

Depuis la loi TEPA de 2007, l’exonération fiscale est totale pour les capitaux transmis au profit du conjoint ou du partenaire de Pacs du souscripteur. Cette mesure peut aussi s’appliquer à ses frères et sœurs sous certaines conditions limitatives liées à l’âge et à l’invalidité du bénéficiaire.

 

Comment récupérer le montant de l’assurance vie après un décès ?

Au décès du titulaire, les bénéficiaires d'une assurance vie doivent effectuer certaines démarches pour obtenir le capital. Après réception et vérification du dossier par l’assureur, le versement intervient dans des délais encadrés par la loi.

 

Les démarches à effectuer

S’il a connaissance d’un contrat souscrit à son profit, le bénéficiaire d’une assurance vie doit informer l’assureur du décès pour recevoir le formulaire de demande de règlement. S’ils ignorent l’existence d’un éventuel contrat, les proches du défunt peuvent effectuer une recherche auprès de l’Agira (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance), l’organisme chargé d’identifier les bénéficiaires d’assurance vie non réclamées.

Le dossier nécessaire au déblocage du montant du capital décès comprend alors deux catégories de pièces à fournir :

  • des documents administratifs attestant du décès du titulaire du contrat et de l’identité et des coordonnées des bénéficiaires désignés ;
  • des justificatifs fiscaux qui dépendent du régime applicable pour le calcul des abattements d’impôt (avant ou après 70 ans).


Ces formalités peuvent s’avérer plus longues et complexes en cas de pluralité de contrats et de bénéficiaires.

 

Les délais moyens de versement

Le délai de réactivité des compagnies d’assurance pour procéder au règlement du montant dû aux bénéficiaires est strictement encadré par le Code des assurances. À réception du dossier complet, elles sont tenues de verser le capital décès dans un délai maximum d’un mois.

Des intérêts légaux majorés sur le capital décès sont prévus en cas de retard d’instruction du dossier par l’assureur, afin d’éviter aux bénéficiaires de subir des délais de versement injustifiés.

 

Comment optimiser le montant transmis à vos proches en cas de décès ?

La façon dont vous alimentez votre contrat et organisez la transmission influence directement le montant du capital décès qui sera réellement reçue par vos proches. Certaines décisions stratégiques permettent ainsi d’augmenter la part transmise en franchise d’impôt.

 

Bien utiliser les abattements fiscaux

Les abattements constituent le principal levier pour transmettre un capital élevé sans taxation.

Leur efficacité dépend du moment et du montant des versements :

  • Privilégiez les versements avant 70 ans, chaque bénéficiaire pouvant alors profiter d’un abattement à hauteur de 152 500 euros.
  • Anticipez la transmission après 70 ans, pour bénéficier en outre d’un abattement global de 30 500 euros auquel s’ajoute une exonération totale des gains.
  • Souscrivez votre contrat suffisamment tôt, une alimentation régulière permettant de renforcer le capital constitué au fil du temps.


Cette stratégie à long terme permet d’utiliser pleinement les avantages fiscaux offerts par l’assurance vie pour optimiser le capital transmis.

 

Adapter la répartition du capital

La structure de la répartition de votre épargne entre les bénéficiaires détermine la manière dont les abattements se cumulent.

Pour optimiser l’impact fiscal, vous pouvez :

  • Augmenter le nombre de bénéficiaires. Chaque personne désignée dispose de son propre abattement sur les primes versées avant 70 ans, ce qui permet de transmettre davantage en franchise d’impôt.
  • Adapter les pourcentages attribués. Ajuster la part de chacun permet de tirer le meilleur parti des abattements tout en tenant compte de la situation de chaque bénéficiaire.
  • Segmenter votre stratégie sur plusieurs contrats. Cette organisation offre plus de souplesse et facilite une transmission personnalisée.


Une répartition pensée avec précision renforce l’efficacité fiscale du contrat et maximise la part réellement perçue par vos proches.


 

Le montant d’une assurance vie en cas de décès dépend de la valeur réelle du contrat au jour du décès, de la clause bénéficiaire et de la fiscalité appliquée. La maîtrise de ces éléments vous permet alors d’organiser une transmission efficace. Une stratégie réfléchie, construite dès les premiers versements, renforce les avantages fiscaux de l’assurance vie et sécurise le capital transmis.

 

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