L’abattement fiscal en assurance vie : bien le comprendre pour en tirer le meilleur parti

Mise à jour le 25 février 2026

Publié le 25 février 2026
Auteur : Équipe éditoriale Altaprofits
L’abattement fiscal en assurance vie : bien le comprendre pour en tirer le meilleur parti L’abattement fiscal en assurance vie : bien le comprendre pour en tirer le meilleur parti

L’abattement fiscal en assurance vie renforce la performance de votre épargne et améliore les conditions de transmission. Il s’exerce en différentes circonstances de la vie du contrat et influence directement le niveau de fiscalité de vos retraits et de votre succession. Ses règles d’application peuvent cependant sembler complexes. Quand pouvez-vous bénéficier d’un abattement sur l’imposition de votre assurance vie ? Comment s’opère-t-il ? Quel est son montant ? Comment l’optimiser au bénéfice de votre épargne ? Exemples à l’appui, Altaprofits détaille les mécanismes de l’abattement fiscal pour vous permettre de tirer le meilleur parti de votre assurance vie.

 

Qu’est-ce que l’abattement fiscal en l’assurance vie ?

L’abattement fiscal a pour vocation d’alléger l’impôt. Dans le cadre de l’assurance vie, il s’applique à l’imposition des revenus de votre épargne ou du capital transmis en cas de décès.

 

L’abattement fiscal : définition

Un abattement correspond à une déduction forfaitaire qui s’opère sur la base imposable appliquée à un contribuable. Consenti par l’administration fiscale Il vient réduire le montant sur lequel est calculé la base d'imposition. Si le montant de l’abattement excède le montant des revenus imposables, aucun impôt n’est dû.

Ce mécanisme s’exerce dans plusieurs domaines : revenus, succession, fiscalité immobilière ou également assurance vie. Son objectif est d’alléger la charge fiscale en fonction de votre situation ou de la nature de l’opération.

 

Les abattements d'impôt propres à l’assurance vie

La fiscalité de l’assurance vie accorde deux types d’abattement :

  • un abattement sur les gains, appliqué aux retraits (appelés rachats) réalisés sur un contrat détenu depuis plus de huit ans ;
  • des abattements sur le capital transmis aux bénéficiaires en cas de décès, dont le montant diffère selon l’âge du souscripteur au moment de ses versements sur son contrat.


Ces dispositifs fiscaux constituent l’un des piliers de l’attractivité de l’assurance vie pour l’épargne longue. Leur bonne compréhension peut vous aider à optimiser votre stratégie d’épargne et à organiser efficacement la protection de vos proches.

 

Comment fonctionne la fiscalité en cas de retraits sur une assurance vie ?

Les revenus générés par le capital investi sur votre assurance vie sont imposables dès lors que vous effectuez un retrait. La fiscalité appliquée à cette occasion dépend de l’âge du contrat au moment de ce rachat.

 

Le rôle de l’ancienneté du contrat sur la fiscalité des rachats

Au cours de la vie du contrat, les intérêts et plus-values issus de votre assurance vie sont capitalisés en dehors de toute fiscalité. Ils ne deviennent imposables qu’au moment où vous effectuez un rachat.

Les modalités de leur imposition dépendent alors de l’ancienneté du contrat à compter de sa date de souscription :

  • Avant huit ans, les gains retirés sont soumis à prélèvement forfaitaire au taux de 12,8 % ou au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
  • Après huit ans, le choix entre les deux mécanismes reste le même mais la fiscalité devient plus avantageuse grâce à :
    • un taux de prélèvement allégé à 7,5 %. Il reste néanmoins fixé à 12,8 % pour la seule fraction des gains correspondant aux primes versées depuis le 27 septembre 2017 et excédant le montant de 150 000 €.
    • un abattement spécifique annuel qui s’applique avant toute imposition.


Cette fiscalité évolutive encourage une détention longue et renforce l’intérêt de conserver votre contrat dans la durée. À noter cependant que dans tous les cas, les prélèvements sociaux restent dus au taux fixe de 17,2 %.

 

Un abattement annuel sur les rachats après 8 ans

Après huit ans de détention, votre contrat d’assurance vie ouvre donc droit à un abattement annuel qui réduit la part de gains imposables lors de vos rachats. Cet abattement forfaitaire s’exerce pour l’ensemble des contrats d’assurance vie de plus de 8 ans souscrits par les épargnants d’un même foyer fiscal.

Automatiquement déduit par l’administration fiscale, le montant de cet abattement annuel unique est fixé à :

  • 4 600 € pour les personnes seules :
    • contribuables célibataires, divorcés ou séparés, veufs ;
    • contribuables mariés soumis à une imposition distincte en cas de séparation de biens et ne vivant pas sous le même toit ;
    • contribuables en instance de divorce ou de séparation de corps.
  • 9 200 € pour les personnes mariés ou pacsés soumis à une imposition commune.


L’abattement est reconductible chaque année civile. Si son montant est supérieur aux gains soumis à imposition, l’excédent n’est ni restitué, ni reporté sur l’année suivante.

Exemples :

Un couple marié clôture une assurance vie souscrite depuis 10 ans. Le montant des gains imposables s’élève à 5 000 €.

L’abattement applicable à hauteur de 9 200 € couvre intégralement le montant imposable.

Aucun impôt sur le revenu n’est dû.
Seuls les prélèvements sociaux s’appliquent, soit 5 000 x 17,2 % = 860 €.
 

Une personne célibataire effectue des retraits sur ses deux contrats de plus de 8 ans.

Gains sur les sommes retirées : 3 000 € et 2 500 €, soit 5 500 € au total.

Abattement annuel applicable : 4 600 €.

Montant imposable après déduction de l’abattement : 5 500 - 4 600 = 900 €.

En cas d’option pour le prélèvement forfaitaire, l’impôt dû s’élève à 900 x 7,5 % = 67,50 € auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux, soit 5 500 x 17,2 % = 946 €.

 

Quel est le régime fiscal applicable lors de la transmission ?

La fiscalité spécifique sur les capitaux transmis en cas de décès du souscripteur d’une assurance vie a fait l’objet de réformes successives. Encore très avantageux, les abattements prévus diffèrent selon l’âge du souscripteur au moment de ses versements.

 

Une imposition hors succession variable selon l’âge du souscripteur

La fiscalité de l’assurance vie en matière de transmission relève d’un cadre spécifique, dérogatoire aux règles de succession classiques. Ce régime particulier prévoit deux mécanismes d’imposition des sommes transmises, avec chacun leur propre abattement. Leur application respective dépend de l’âge du souscripteur au moment des versements. Le seuil des 70 ans structure ainsi une grande partie de la fiscalité liée à la transmission.

Les règles d’imposition actuelles résultent de réformes successives destinées à limiter les versements tardifs uniquement motivés par la fiscalité très avantageuse. Le législateur a donc progressivement ajusté les abattements et leurs conditions de mise en œuvre pour tenter d’éviter une possible évasion fiscale, tout en conservant l’attractivité de l’assurance vie.

Le champ d’application des abattements en fonction de l’âge du souscripteur, de la date des versements et de la date de souscription du contrat est ainsi résumé dans le tableau suivant :

 Contrats souscrits avant le 20/11/1991Contrats souscrits depuis le 20/11/1991
 Quel que soit l’âge du souscripteur au moment du versement des primesSouscripteur âgé de moins de 70 ans au moment du versement des primesSouscripteur âgé de 70 ans et plus au moment du versement des primes
Versements effectués avant le 13/10/1998 Exonération totaleAbattement global de 30 500 €, tous contrats confondus.

Abattement global de 30 500 €, tous contrats confondus. Au-delà, taxation aux droits de succession sur le seul montant des primes, hors gains capitalisés. 

(article 757 B du Code général des impôts)
Versements effectués depuis le 13/10/1998Abattement de 152 500 € par bénéficiaire, tous contrats confondus.

Au-delà, prélèvement forfaitaire de 20 % pour la fraction de capital jusqu’à 700 000 €, puis de 31,25 % pour la fraction supérieure.

(article 990 I du Code général des impôts)
Dans tous les cas, exonération totale pour le conjoint survivant ou le partenaire de Pacs et, sous certaines conditions très encadrées, pour les frères et sœurs du souscripteur défunt.

 

Des abattements avantageux sur les versements effectués avant 70 ans

Les primes versées avant l’âge de 70 ans ouvrent droit, pour chaque bénéficiaire, à un abattement fixe de 152 500 euros.

Les règles d’application sont alors les suivantes :

  • L’abattement se calcule sur la totalité de la somme transmise, composée des versements effectués augmentés des gains (intérêts et plus-values) générés et capitalisés sur la durée du contrat.
  • En cas de pluralité de contrats détenus par le même souscripteur, l’abattement ne s’exerce qu’une fois sur la totalité des sommes transmises à un même bénéficiaire.
  • En cas de pluralité de bénéficiaires désignés par le souscripteur d’un contrat, chacun d’eux dispose de son propre abattement, sans partage ni répartition. Un parent peut ainsi transmettre 152 500 € en franchise d’impôt à chacun de ses enfants.
  • En cas de pluralité de souscripteurs désignant un même bénéficiaire dans leur contrat respectif, ce dernier a droit à un abattement pour chaque souscripteur. Un enfant peut ainsi percevoir 152 500 € en franchise d’impôt de chacun de ses parents.


Au-delà du seuil de 152 500 €, les capitaux transmis sont taxés selon un barème forfaitaire spécifique comprenant deux tranches d’imposition, distinct des droits de succession classiques. Cette fiscalité avantageuse consolide l’intérêt d’alimenter son contrat d’assurance vie avant 70 ans pour optimiser la transmission à ses proches.

Exemple :

Un souscripteur détient deux contrats d’assurance vie sur lesquels il a désigné ses deux enfants comme bénéficiaires à parts égales. Il réalise tous ses versements avant 70 ans. À son décès, la valeur du premier contrat s’élève à 210 000 € et celle du second à 160 000 €.

Le montant total transmis est donc de 370 000 €, soit 185 000 € pour chacun des enfants.

L’abattement de 152 500 € s’applique une seule fois par bénéficiaire, tous contrats confondus. La base taxable est donc égale à 185 000 - 152 500 = 33 000 € par enfant.

Elle est imposée au taux forfaitaire de 20 %, soit 6 600 €.

 

Un abattement global sur les versements effectués après 70 ans

Les primes versées après 70 ans bénéficient d’un abattement global de 30 500 euros, tous contrats confondus. Cet abattement ne concerne que les sommes versées, à l’exclusion des gains issus de ces versements. Ceux-ci restent donc exonérés, ce qui préserve une partie importante du capital transmis.

Cet abattement est applicable comme suit :

  • Il s’agit d’un abattement unique par souscripteur, quel que soit le nombre de contrats détenus et de bénéficiaires désignés. Il se répartit donc entre les différents bénéficiaires au prorata de la part leur revenant.
  • En cas de pluralité de bénéficiaires, ceux qui sont exonérés du fait de leur lien avec le souscripteur (conjoint ou partenaire de Pacs, frères et sœurs dans certains cas) ne sont pas pris en compte dans la répartition.


Après déduction de l’abattement de 30 500 €, le montant excédentaire imposable est soumis aux droits de succession classiques. La taxation intervient alors selon le lien de parenté existant entre le bénéficiaire et le souscripteur. Les abattements successoraux, pour leur part non consommée dans la succession complète, peuvent ainsi venir s’ajouter en sus des avantages propres à l’assurance vie.

Exemple :

Un souscripteur détient un contrat ouvert après 70 ans, sur lequel il a désigné trois bénéficiaires à parts égales : son conjoint, son enfant et son neveu.

Les versements s’élèvent à 70 000 € et le capital décès atteint 90 000 €. Chaque bénéficiaire reçoit donc 30 000 €.

L’abattement s’applique sur le seul montant des primes versées.

La base taxable est donc de 70 000 € - 30 500 € = 39 500 €, à répartir entre les bénéficiaires.

Le conjoint étant totalement exonéré, la répartition s’opère entre l’enfant et le neveu, soit une base taxable de 39 500 € / 2 = 19 750 € chacun, soumise au barème des droits de succession.

Ce barème prévoit un abattement de 100 000 € entre parents et enfants et un abattement de 7 967 € entre oncle et neveu.

L’enfant peut donc être exonéré de droits dans le cas où la succession complète n’a pas épuisé l’abattement. 

Le neveu est imposé sur la base de 19 750 - 7 967 = 11 783 €, taxés à 55 %, soit 6 481 € de droits de succession.

 

Comment bénéficier au mieux des abattements fiscaux d’une assurance vie ?

Pour tirer pleinement parti des abattements fiscaux, il existe plusieurs stratégies simples et efficaces. Elles permettent de réduire la fiscalité tout en préservant la liberté d’utilisation de votre épargne.

 

Fractionner les rachats pour profiter de l’abattement annuel

Après huit ans de détention, l’assurance vie vous accorde un abattement annuel sur l’imposition des gains retirés de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple. Pour optimiser cet avantage, vous pouvez judicieusement répartir des rachats partiels sur plusieurs années civiles plutôt que d’effectuer un retrait unique.

Si vos gains excèdent l’abattement, un tel fractionnement permet de réduire l’assiette imposable chaque année. Vous profitez pleinement de la fiscalité avantageuse offerte par votre contrat en conservant la faculté d’utiliser une partie de votre capital selon vos besoins.

 

Anticiper les versements pour organiser sa succession

Dans une optique de transmission, la fiscalité diffère fortement selon l’âge du souscripteur au moment du versement des primes, notamment en matière d’abattements. En alimentant votre contrat avant 70 ans, vous permettez à chaque bénéficiaire de bénéficier d’un abattement individuel de 152 500 € sur le capital. Après 70 ans, l’abattement est réduit à 30 500 € et doit être réparti entre les bénéficiaires imposables.

En planifiant vos versements, vous pouvez cumuler ces abattements pour améliorer les conditions de transmission à vos proches. L’anticipation du traitement fiscal de votre épargne, en favorisant une mise en œuvre optimale de ces avantages fiscaux, se conçoit dès lors comme une stratégie patrimoniale efficace.

 

Accorder toute son importance à la clause bénéficiaire du contrat

Une désignation réfléchie et précise des bénéficiaires de votre contrat permet d’organiser la répartition des abattements et d’éviter toute ambiguïté au moment de la transmission. Veillez à modifier la clause bénéficiaire pour tenir compte de l’évolution de votre famille ou de vos projets patrimoniaux. Sa mise à jour est essentielle pour protéger vos proches et maximiser les avantages fiscaux de votre assurance vie.


 

Maîtriser le principe des abattements de l’assurance vie permet de réduire l’impôt et d’optimiser la transmission du capital. Vous améliorez la rentabilité de vos retraits et organisez votre succession dans les meilleures conditions de fiscalité pour vos proches.

 

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