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Interview : valorisation, croissance, opportunités, l’Europe a tous les atouts

Pourquoi considérez-vous aujourd’hui les marchés actions européens comme une alternative crédible aux marchés américains ?

Les marchés actions européens sont une alternative crédible et enthousiasmante aux marchés américains pour 2026.
Tout d’abord l’économie européenne commence à s’améliorer. C’est le message de la majorité des entreprises lors de leurs publications du 3eme trimestre et c’est aussi ce qu’indiquent les derniers indicateurs avancés macroéconomiques.

 

Quels sont les principaux moteurs susceptibles de soutenir cette dynamique européenne dans les années à venir ?

Cette dynamique positive devrait s’amplifier l’année prochaine grâce à deux facteurs importants.
Premièrement, la mise en route du plan allemand pour la défense et l’infrastructure qui représente près de 1000 milliards d’euros sur 10 ans, soit 20 % du PIB allemand. L’Europe aurait même les moyens de faire plus car sa situation fiscale est bien meilleure que celle des Etats-Unis (ratio de dette/PIB de 88 % vs 125 %, déficit budgétaire de 3.2 % vs 7.4 %). Deuxièmement, l’effet en année pleine des baisses de taux de la BCE (-70bp depuis 2024) alors que la Fed est limitée dans sa politique accommodante par une inflation qui reste élevée dans les services.

 

Observe-t-on en parallèle un essoufflement de la croissance américaine ?

En même temps, le rythme de croissance du PIB américain a ralenti de telle sorte que la différence de croissance entre les deux régions s’est fortement réduite. Il y a 2 ans, les Etats-Unis avait 2.5 % de croissance supplémentaire du PIB, ce ne sera plus que 0.5 % sur les 2 prochaines années.

 

Ce changement de dynamique se reflète-t-il dans les valorisations des marchés ?

Cette situation d’accélération de l’Europe et de ralentissement des Etats-Unis est un nouveau paradigme qui intervient au moment où les valorisations des marchés américains retrouvent des niveaux extrêmes. En effet, le PE (Cours de l’action/bénéfice net par action) du S&P500, à 22x, est proche de son niveau atteint lors de la bulle TMT (Télécoms, Médias, Technologie) en 2000. A l’inverse, le PE de l’Europe reste raisonnable à 14x.

 

Le poids croissant de l’intelligence artificielle aux États-Unis constitue-t-il un facteur de risque ?

La dynamique bénéficiaire et les valorisations sont à l’avantage de l’Europe. Le positionnement aussi car la surpondération sur les actions américaines est extrême et les attentes sont élevées. C’est particulièrement vrai pour la thématique de l’intelligence artificielle. Certaines études montrent que les investissements en IA ont représenté plus de 75 % de la croissance du PIB américain entre 2022 et 2026. Les Etats-Unis « courent sur une seule jambe ».

Y a-t-il une bulle sur l’IA ? La question n’est pas tranchée mais ce qui est sûr est que si elle existe et qu’elle éclate, les marchés américains seront les premières victimes car les MAG 7 (Les 7 magnifiques : Appel, Amazon, Google, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla) et les sociétés de technologie dans leur ensemble représentent une très grosse partie du S&P500. L’indice américain est sur des niveaux de concentration extrêmes : le poids des 10 premières valeurs est de 39 %, bien plus élevé qu’en 2000 (27 %). Ce niveau de concentration rappelle des bulles spéculatives historiques comme celles de l’immobilier japonais en 1989 ou des Nifty Fifty (Top 50 des plus grosses capitalisations américaines) dans les années 70 aux Etats-Unis.

 

En conclusion, pourquoi l’Europe offre-t-elle aujourd’hui un terrain particulièrement attractif pour les investisseurs ?

Enfin, l’Europe compte un autre atout important pour des investisseurs comme nous qui cherchons à acheter des entreprises de qualité à des prix raisonnables. Les opportunités, malgré des marchés au plus haut, sont de plus en plus nombreuses. En effet, depuis que les taux ont brutalement été relevés par la BCE en 2022, la prime de valorisation des entreprises de meilleure qualité ne fait que se réduire.

Dans le secteur des biens de consommation par exemple, elle est revenue sur les niveaux de la grande crise financière de 2008, un point bas sur 25 ans. Pour résumer, l’Europe vs les Etats-Unis c’est une accélération de la croissance, des valorisations beaucoup plus raisonnables, un marché moins risqué si l’enthousiasme débordant pour l’IA faiblit et des entreprises de qualités à des prix raisonnable qui sont de plus en plus nombreuses. Il y a une alternative aux Etats-Unis !

 


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