30 avril 2026
30 avril 2026
La thématique spatiale va bien au-delà des fusées et des satellites. Elle poursuit deux grands objectifs complémentaires : rendre l’humanité multiplanétaire — c’est la vision portée par SpaceX avec Starship et le programme Artemis de la NASA, qui prépare le retour d’astronautes autour de la Lune — mais surtout améliorer la vie sur Terre depuis l’espace. Et c’est là que réside une grande partie de la création de valeur pour les investisseurs.
L’écosystème spatial est vaste et sa chaîne de valeur se développe à une vitesse remarquable. Les moteurs de croissance sont doubles. D’un côté, la demande publique et étatique : les gouvernements modernisent leurs armées, augmentent considérablement leurs budgets de défense spatiale et financent l’exploration scientifique. On pense aux systèmes de détection de missiles développés par MDA Space pour le département de la Défense américain, ou aux satellites d’imagerie de BlackSky qui viennent d’obtenir un contrat de 99 millions de dollars auprès de l’US Air Force. De l’autre côté, la demande commerciale des entreprises explose. La connectivité 5G par satellite avec AST SpaceMobile, qui permet à toute personne disposant d’un smartphone d’accéder à la 5G dans les zones non couvertes par des antennes terrestres. Le monitoring climatique et agricole avec Planet Labs. Et même la fabrication de médicaments en microgravité : Redwire, que nous détenons en portefeuille, a développé un laboratoire miniaturisé envoyé sur la Station Spatiale Internationale en partenariat avec Eli Lilly pour améliorer la cristallisation de l’insuline. Quatre des plus grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux — Eli Lilly, Merck, Bristol Myers Squibb et AstraZeneca — investissent activement dans ces recherches en orbite.
Les applications sont nombreuses et accélèrent grâce à un facteur décisif : l’abaissement exponentiel du coût d’accès à l’espace, rendu possible par la réutilisabilité des lanceurs. Quand le prix de la « marche d’escalier » vers l’orbite diminue drastiquement, tout l’écosystème en aval en bénéficie : davantage de satellites, davantage de données, davantage de services. C’est un cercle vertueux comparable à ce que la baisse du coût de la puissance de calcul a représenté pour l’essor de l’intelligence artificielle.
Ma plus grande conviction est que 2026 sera l’année du spatial. C’est un peu comme investir dans l’intelligence artificielle en 2023, au moment de la sortie de ChatGPT : un point d’inflexion qui change tout pour la thématique.
Deux catalyseurs majeurs convergent. Le premier, c’est l’introduction en bourse (IPO) de SpaceX, qui pourrait être la plus grande introduction en bourse de l’histoire. Nous observons d’ores et déjà des signaux très encourageants : des fonds généralistes commencent à chercher de l’exposition parmi les acteurs cotés du secteur spatial, créant un formidable appel d’air pour toute la thématique. L’intérêt des investisseurs s’intensifie en amont de cette opération et profite déjà à des sociétés comme Rocket Lab, aujourd’hui le deuxième lanceur privé américain, qui a vu son cours s’envoler en fin d’année après l’obtention d’un contrat de plus de 800 millions de dollars auprès de la Space Development Agency américaine. Nous détenons également dans le top 3 du portefeuille la société EchoStar, cotée en bourse, qui possède des actions SpaceX en direct — un moyen privilégié pour un fonds UCITS de s’exposer à cette IPO tant attendue.
Le second catalyseur, c’est l’arrivée d’une nouvelle génération de fusées. Starship de SpaceX, New Glenn de Blue Origin, Neutron de Rocket Lab : ces lanceurs vont encore abaisser les coûts, augmenter la fréquence des missions et permettre d’envoyer des charges utiles bien plus importantes en orbite. Des objets plus grands, plus lourds, plus sophistiqués pourront être déployés dans l’espace, ouvrant la voie à de nouvelles applications — stations spatiales commerciales, usines en orbite, constellations de nouvelle génération. C’est une révolution qui commence à peine.
Ajoutons à cela le contexte géopolitique : dans un monde en tension, les États priorisent le spatial comme domaine stratégique et souverain. Les budgets de défense sont en hausse partout, et une part croissante est consacrée aux capacités spatiales — surveillance, communication, détection de menaces. Ce n’est pas un phénomène conjoncturel, c’est un mouvement structurel qui rappelle la course à l’espace des années 1960.
En 2021, j’avais lancé le premier fonds en Europe dédié à la thématique spatiale, avec la conviction qu’un moment d’inflexion se dessinait pour ce secteur. Depuis janvier 2025, nous poursuivons cette expertise pionnière chez Itavera Asset Management — la société de gestion que Thibault Saint-Raymond, notre Directeur Commercial, et moi-même avons fondée en 2024 par la reprise d’un agrément existant, avec l’ambition de bâtir une maison de gestion entrepreneuriale, agile et entièrement tournée vers les thématiques d’avenir.
Notre objectif est de refléter la création de valeur de l’écosystème spatial au travers d’une sélection concentrée de 30 à 40 entreprises mondiales qui répondent à trois critères exigeants. Premièrement, une pureté thématique élevée : les revenus doivent provenir significativement du spatial, et cette analyse granulaire de la pureté reflète notre expertise pionnière sur cette thématique. Deuxièmement, des fondamentaux financiers et extra-financiers solides : nous recherchons des entreprises avec des positions concurrentielles défendables, une trajectoire de croissance visible et une gouvernance de qualité. Troisièmement, une valorisation attractive : même les plus belles entreprises doivent s’acheter au bon prix.
La gestion du risque fait partie intégrante de notre approche. Nous diversifions le portefeuille le long de la chaîne de valeur — des lanceurs aux opérateurs de satellites, des équipementiers aux fournisseurs de services — et nous gérons activement notre exposition aux petites et moyennes capitalisations, qui offrent un potentiel de création de valeur important mais nécessitent une discipline rigoureuse.
Depuis que je gère cette stratégie, la performance annualisée a été de 16 % net de frais pour la part A. La thématique est volatile, mais nous sommes convaincus qu’elle se situe à la croisée de catalyseurs puissants — introduction en bourse de SpaceX, nouvelles fusées, budgets de défense croissants, demande commerciale en pleine expansion — qui n’ont pas encore été pleinement intégrés par le marché.
Ce qu'il faut savoir avant d'investir :
Tout investissement présente un risque de perte partielle ou totale en capital.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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