Comme l'an dernier, les marchés devraient être chahutés cette année par une résurgence régulière du risque lié à un contexte géopolitique tourmenté. Un environnement qui ne manquera pas d'inciter les investisseurs à diversifier davantage leur allocation.
SOMMAIRE
C'est un peu le paradoxe de l'époque actuelle. Malgré un contexte empreint d'instabilité et d'incertitudes, l'environnement économique continue de bien se porter. La guerre commerciale américaine ou les tensions géopolitiques inhérentes à la multipolarisation du monde n'ont pas véritablement entamé la vigueur de la croissance. Portée notamment par des politiques budgétaires expansionnistes et un investissement soutenu - particulièrement dans le domaine de l'IA - elle est ressortie à 3,3 %, l'an dernier à l'échelle mondiale, selon les dernières données du Fonds Monétaire International (FMI). Et l'institution financière internationale prévoit qu'elle devrait, une nouvelle fois, faire preuve de résilience cette année en se maintenant au même rythme.
Diversifier les portefeuilles
Du reste, si 2025 n'a pas manqué d'être agitée sur le front politique et géopolitique, les premières heures de 2026 peuvent donner un avant-goût de ce que pourrait être l'année qui s'ouvre. Venezuela, Groenland, Iran, Cuba, sans parler de la menace d'une nouvelle guerre commerciale entre les États-Unis et l'Europe… Les facteurs de risque sont légion et ne manqueront d'agiter les marchés à mesure que les investisseurs ajusteront leurs anticipations. Comme l'an dernier, ce contexte devrait les inciter à élargir davantage encore le spectre de leur allocation afin de diversifier leur portefeuille pour mieux atténuer la volatilité. Dans ce contexte, nos partenaires* ont, à l'occasion de la présentation de leurs perspectives 2026, identifié plusieurs thèmes clés pour l'année qui s'ouvre.
L'IA
À commencer par celui de l'intelligence artificielle (IA). Incontournable depuis plusieurs années maintenant, la thématique peut paraître d'autant plus rebattue que l'engouement qu'elle a suscité jusqu'ici se traduit surtout par la crainte de l'éclatement d'une bulle de valorisation. Un risque à mettre en lien avec les moyens financiers colossaux engagés par les géants américains de la tech sans hausse immédiate de la rentabilité ni retour sur investissements pour les intervenants de marché. Du reste, si le ticket d'entrée est aujourd'hui cher payé pour prendre le train de l'IA en marche, deux facteurs plaident en faveur de ce thème. D'une part, il est intrinsèquement structurant pour l'avenir de l'économie mondiale. D'autre part, ses principaux protagonistes (les "Magnificent Seven") sont financièrement solides et leurs revenus ne dépendent pas uniquement de l'IA.
Marché américain à risque
Autre sujet incontournable cette année : l'économie américaine. Celle-ci est exposée à un risque qui s'avère désormais surtout politique - lié, pour l'essentiel, à la gestion des affaires de l'actuelle administration. Pourtant la santé des États-Unis se porte plutôt bien. En dépit de la guerre commerciale, la croissance a résisté en 2025 (2,1 %) et devrait même légèrement rebondir cette année à 2,4 %, selon le FMI. Alors que l'inflation est désormais stable sous les 3 %, le marché de l'emploi demeure solide avec un taux de chômage à 4,4 %. Néanmoins, les tensions géopolitiques récurrentes avec le reste du monde et les menaces de mesures commerciales de rétorsion sont de nature à peser sur cette dynamique via notamment l'inflation importée par de nouveaux droits de douanes. Phénomène d'ailleurs renforcé par la dépréciation concomitante du dollar depuis l'an dernier. En tenant compte des velléités de la Maison Blanche de conduire la politique monétaire de la Fed, l'ensemble de ces risques incite, globalement, les intervenants à réduire leur exposition au marché américain sans pour autant s'en détourner complètement.
La dynamique européenne
Autre point névralgique et géographique pour les investisseurs, l'Europe devrait précisément continuer de profiter de la moindre cote de popularité du marché américain. Ce, pour plusieurs raisons. Au premier rang desquelles, la dynamique économique qui anime le Vieux continent et dont la croissance (1,4 % en 2025) - pas si éloignée de celle des États-Unis - devrait rester stable cette année. Un atout d'autant plus intéressant que, parallèlement, l'économie européenne n'est pas exposée à un risque de change. Par ailleurs, contrairement aux États-Unis, son inflation est désormais maîtrisée à 2 %, soit l'objectif cible de la BCE qui dispose, dans ces conditions, d'une marge de manœuvre plus confortable que la Fed. Cette attractivité est enfin renforcée par des marchés actions qui restent abordables en termes de valorisation et bénéficient du soutien de politiques budgétaires expansionnistes. À commencer par celle de l'Allemagne qui a annoncé, l'an dernier, 100 milliards d'euros d'investissements (infrastructures et défense) sur les cinq ans à venir.
L'Asie surfe sur l'IA
Les marchés émergents ne sont pas en reste. Notamment l'Asie qui demeure l'une des zones économiques les plus dynamiques au monde, emmenée par la Chine qui a vu sa croissance se maintenir aux alentours de 5 % en 2025. En dépit de quelques inquiétudes sur cette dynamique, l'an dernier, consécutivement à la guerre commerciale avec les États-Unis, l'excédent commercial de l'empire du Milieu a atteint un nouveau record à 1 200 milliards de dollars. Par ailleurs, la volonté de Pékin de relancer sa consommation domestique et de s'investir davantage dans l'innovation et les hautes technologies devrait soutenir cette tendance en 2026. Plus généralement, la région est au premier rang de la création de valeur générée par l'essor de l'IA. À l'instar d'un pays comme la Corée du Sud qui suscite l'intérêt croissant des investisseurs au regard des 50 % de hausse enregistrés par son indice boursier de référence, le Kospi, l'an dernier.
Précieux métaux
Au-delà de cette approche géographique, certaines classes d'actifs ne devraient pas manquer d'intérêt non plus cette année. C'est le cas des métaux précieux comme l'or dont le cours s'est apprécié de plus de 80 % sur un an et qui se rapproche désormais de 5 000 dollars l'once. Une envolée à mettre en lien avec la guerre commerciale et la résurgence du risque sur les marchés qui a incité les investisseurs à se porter sur cette valeur refuge par excellence. Et cette tendance ne devrait pas se démentir cette année, eu égard à un environnement de marché qui s'annonce tourmenté. L'argent - qui évolue désormais proche des 100 dollars l'once - ainsi le que cuivre devraient aussi continuer de profiter d'une forte demande liée notamment à la transition énergétique. Ce, alors que l'offre est structurellement déficitaire et peine à y répondre. Enfin, continuant de surfer sur l'essor de l'IA, les terres rares ne manqueront pas d'intérêt non plus.
Comme l'an dernier, le contexte international devrait peser de tout son poids sur l'environnement de marché - d'autant que la perspective des midterms en novembre va progressivement accroître la pression sur le président américain. Dans ces conditions, il convient donc de diversifier sa stratégie d'investissement et d'aller chercher du rendement, au-delà du marché américain - et, dans une moindre mesure, européen -, vers d'autres zones géographiques et sur d'autres classes d'actifs.
* BDL Capital Management, DNCA, Fidelity International, Dorval, Oddo BHF, Generali Weath Solutions, Lazard Frères Gestion, La Financière De l’Echiquier, Natixis
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