30 avril 2026
30 avril 2026
Voilà plus de deux mois maintenant que la guerre a repris ses droits dans le Golfe Persique. Un temps relativement long au regard du tribut qu'elle impose au reste du monde. Le double blocus qui obstrue le Détroit d'Ormuz a propulsé, depuis, les cours du pétrole au-dessus des 100 dollars le baril faisant redouter une poussée de fièvre inflationniste - voire un risque stagflationniste - aux quatre coins de la planète. Mais, bizarrement, depuis plus de trois semaines maintenant, plus un coup de canon - ou presque. Le conflit au Moyen-Orient prend des allures de "drôle de guerre" sans une détonation dans l'azur de la région. Et la phase de négociations qui s'éternise actuellement est désormais en passe de durer plus longtemps que celle de la mitraille elle-même. Tout aussi bizarrement, cette "drôle de guerre" l'est plus encore sur les marchés. Malgré les périls économiques en présence, ces derniers font preuve d'une surprenante résilience. Le phénomène tient même de l'irrationnel outre-Atlantique où, à nouveau galvanisés par la thématique IA, les indices américains touchent de nouveaux records de valorisation.
Un comble ? Une anomalie ? Pas forcément au regard des convulsions qui ont jalonné ce début de siècle. Bulle internet, subprimes, Covid, guerre en Ukraine… Depuis plus de vingt ans, les traumatismes qui ont fait vaciller les indices se succèdent à intervalles de plus en plus rapprochés sans jamais véritablement se ressembler. Mais leurs impacts boursiers semblent à chaque fois diminuer ou se dissiper avec toujours plus de célérité. C'est, en substance, l'un des constats qui ressort de notre dossier du mois consacré à l'historique des crises du nouveau millénaire et leurs incidences sur les marchés. Cette rétrospective nous rappelle surtout les comportements d'usage à adopter comme des règles de survie financière par gros temps de volatilité. Loin de la politique de l'autruche pratiquée par les investisseurs actuellement, il convient de tenir compte des risques en présence et laisser passer la tempête sans céder à la panique. Pour ce faire, les épargnants doivent s'attacher à une allocation stratégique de long terme, diversifiée et s'appuyant en partie sur des supports défensifs (fonds en euros, produits structurés).
Bonne lecture.
Marc PEYNET
Directeur général Altaprofits
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